LA VILLE DE GRAND-BASSAM

Présentation



Ville historique de Grand-Bassam

Première capitale de Côte d’Ivoire, la ville de Grand-Bassam est un exemple urbain colonial de la fin du xixe siècle et de la première partie du xxe siècle. Elle suit une planification par quartiers spécialisés dans le commerce, l’administration, l’habitat européen et l’habitat autochtone. Le site comprend également le village de pêcheurs africain de N’zima et des exemples d’architecture coloniale comme des maisons fonctionnelles dotées de galeries, de vérandas et de nombreux jardins. Grand-Bassam fut la capitale portuaire, économique et juridique de la Côte d’Ivoire ; elle témoigne des relations sociales complexes entre les Européens et les Africains puis du mouvement en faveur de l’indépendance. La ville, véritable poumon économique du territoire des comptoirs français du golfe de Guinée – qui a précédé la Côte d’Ivoire moderne – a attiré des populations venant de toutes les contrées d’Afrique, d’Europe et du Levant méditerranéen.

Données physiques générales

Localisation géographique

Localisée dans la partie sud-est de la Côte d’Ivoire sur le littoral, la commune de Grand-Bassam est située à environ 45 kilomètres à l’Est de la ville d’Abidjan, sur la route côtière reliant la Côte d’Ivoire au Ghana et couvre une superficie totale de 12m2 environ. Elle est limitée au Nord par la sous préfecture d’Alépé, à l’Ouest par celle de Bingerville, au Sud par l’Océan Atlantique et à l’Est par la sous-préfecture de Bonoua.

Climat

Grand-Bassam jouit d’un régime équatorial de transition. Le faciès littoral est très humide avec une pluviométrie annuelle moyenne dépassant 1500mm. Les températures restent élevées et constantes toute l’année, variant de 24°C au minimum (mois d’août) à 29 °C (en mars). Ce régime climatique comporte quatre saisons bien marquées qui alternent en fonction de la position du Front Intertropical (FIT). Ce sont :

La grande saison sèche : décembre - mars
La grande saison des pluies : avril- juin
La petite saison sèche : juillet - septembre
La petite saison des pluies : octobre - novembre
Le déficit hydrique (bilan entre précipitation et évaporation) est surtout accentué aux mois de janvier et de juillet. Le degré hygrométrique de l’air varie très peu avec les saisons et reste élevé, de l’ordre de 80%.

Relief et géologie

Grand-Bassam se localise dans la zone centrale du bassin sédimentaire du sud de la côte d’Ivoire. Le cordon littoral quaternaire est constitué de cordons marins sableux successifs. La ville est caractérisée par une plaine dont les altitudes dépassent rarement 50m. Le contexte géologique apparait simple dans ses grandes lignes. Le bassin sédimentaire repose sur un substrat de formations birrimiennes constitué de roches métamorphisées. Le continental terminal, situé dans la partie septentrionale du bassin sédimentaire, correspond à des sédiments épais du tertiaire, grès plus ou moins ferrugineux, sables et argiles. Dans la partie sud, on a un bassin subsidient dont la formation a commencé au crétacé avec la sédimentation marine sableuses, argileuse et calcaire.

Cette subsidence est attachée au continent dans la zone des lagunes par une base de terre littorale formée de dépôts quartenaires marins, lagunaires et continentaux.

Pédologie

La pluviométrie élevée et le climat chaud favorisent une altération intense des roches ferralitiques qui prédominent et des sols hydromorphes des bas-fonds. L’aptitude culturale des sols est relativement médiocre. Le lessivage de ces sols entraîne la présence de fer, d’aluminium et autres cations dans les eaux souterraines.

Hydrographie et hydrologie

La zone de Grand-Bassam est drainée par la fleuve Comoé et les Lagunes Ebrié et Ouladine. Ces cours d’eau confluent pour former à Grand-Bassam le plus vaste estuaire de Côte d’Ivoire quand l’embouchure est ouverte.

Les lagunes sont des étendues d’eau saumâtre alimentées par la fleuve Comoé et constituent l’élément distinctif et original de la commune. Relativement peu profondes, elles présentent des fonds plats et vaseux en raison du rôle de bassin de décantation qu’elles jouent. Le contact des lagunes avec le cordon littoral est direct et franc ; cependant, les eaux lagunaires se sont insinuées dans toutes les dépressions, créant ainsi de multiples bras. La pénétration de l’onde de marée confère au système formé par le fleuve Comoé et les lagunes un caractère esturien. L’intrusion saline remonte au-delà des ponts de Moossou jusqu’à la conférence du fleuve Comoé.

Zones d’intérêt écologique- les mangroves

Concentrées sur le pourtour des lagunes Ebrié et Ouladine, les mangroves, principalement constituées de forêts de palétuviers, assurent plusieurs rôles écologiques d’importance. En effet, elles constituent l’habitat de nombreuses espèces animales (poissons, crabes) et limitent le processus d’érosion. De plus, les hommes y tirent à la fois leur nourriture et leur bois de chauffe.

Avec l’ouverture de l’embouchure de la Comoé, lieu de rencontre entre la mer et les lagunes, plusieurs espèces animales pourront se reproduire dans les mangroves.

Données humaines Générales

Aspect démographique

Couvrant une superficie de 12km2, la commune de Grand-Bassam compte, au recensement de 1988, une population résidente de 56.358 habitants. La densité de la population apparaît élevée : 4.696hab/km2. La population urbaine représente plus de 80% de la population communale. Cette dernière comprend les populations des villages et est relativement jeune. 43,1% des habitants on un âge compris entre 05 et 20 ans. Le recensement de 1998 a dénombré 11,292 ménages, soit un ratio de 5 habitants par ménage.

La ville historique de Grand-Bassam, mémoire de l’histoire coloniale de la Côte d’Ivoire est bâti sur un lido de terre de 72 ha inséré entre la mer et la lagune. Elle se subdivise en 4 zones distinctes (commerciale, administrative, résidentielle et le village) présentant un ensemble architectural et urbain remarquable. Le style architectural des bâtiments coloniaux et la planification urbaine fondés sur la séparation et l’affectation des lotissements avec des rues arborées et des parcelles boisées démontrent l’influence de la France sur la colonie de Côte d’Ivoire suite à la signature des traités de protectorat. Cet ensemble architectural et urbain remarquablement représentatif de la société coloniale en Côte d’Ivoire à la fin du 19è siècle a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco le 29 juin 2012 à Saint Petersburg- Fédération sur la base des critères III et IV.

La reconnaissance internationale de la ville historique de Grand-Bassam comme patrimoine mondial de l’Unesco tient pour l’essentiel à sa valeur universelle exceptionnelle (VUE).

En effet, Grand-Bassam témoigne par son organisation urbaine bien préservée d’une importante tradition culturelle liée à son rôle de capitale coloniale, de centre administratif à l’échelle de l’ancienne AOF (Afrique occidentale française) et de pôle commercial régional. Des années 1880 aux années 1950, la ville rassembla et confronta différentes populations africaines, européennes et moyen-orientales, dans une cohabitation simultanément harmonieuse et conflictuelle.

Grand-Bassam offre un exemple éminent d'urbanisme colonial rationnel par ses quartiers spécialisés au sein d'un réseau urbain d'ensemble où la végétation tient une place importante.

L’architecture coloniale est caractérisée par un style sobre et fonctionnel, utilisant les principes hygiénistes appliqués à une situation tropicale. L'organisation de la maison vernaculaire au sein du village N'zima lui fait écho, exprimant la permanence des valeurs autochtones.

La culture

Au plan culturel, la ville est aussi le lieu d’expression de pratiques culturelles qui sont le fait des populations locales. Les N’zima et les Abouré. Ces pratiques, l’abissa chez les N’zima et la fête de génération chez les abouré sont en rapport avec leurs organisations, politique, sociale, religieuse et militaire, et sont le garant de l’harmonie et de la cohésion au sein de la communauté.

Activités économiques

L’ouverture sur l’Océan Atlantique et la proximité de la ville d’Abidjan font de la pêche, de l’artisanat et du tourisme les principales activités économiques de la ville.

Grand-Bassam apparaît comme le premier centre artisanal du pays et dispose d’un centre artisanal et d’un village artisanal long de plus de 2 km. Elle abrite plus de 1000 artisans qui travaillent le bois, l’or, le bronze, l’argent et le batik avec une production variée : sculpture, céramique, vannerie, bijouterie, poterie.

La ville de Grand-Bassam possède une unité industrielle, la Scierie Africaine (SCAF) qui emploi moins de 300 personnes.

Elle dispose d’un Village des Technologie de l’Information et de la Biotechnologie (VITIB).

En plus de ces deux pôles économiques, comme toutes les communes de Côte d’Ivoire, Grand-Bassam connaît une intense activité de petits commerces, allant des nombreuses petites boutiques aux pharmacies, en passant par les stations services. Le secteur informel joue également un rôle prépondérant, avec ses nombreux petits métiers.

Le tourisme

La ville de Grand-Bassam de par sa proximité avec la capitale économique de la Côte d’Ivoire est devenue au fil des ans, le premier centre touristique d’Abidjan.

En effet, grâce à :

- ses atouts naturels
- son riche patrimoine culturel et traditionnel,
- ses réceptifs hôteliers le long des plages,
- ses restaurants aux mets variés,
la ville accueille des milliers de touristes nationaux et internationaux venus d’horizons pour non seulement visiter sa ville historique inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et ses monuments mais également participer aux différentes fêtes traditionnelles des peuples autochtones. Elle est le lieu de rencontres des hommes et des idées à travers colloques, séminaires et ateliers.

Banques

La localité de Grand Bassam, compte à ce jour de nombreuses institutions financières privées comme publiques. Au niveau public, le trésor y est installé permettant ainsi de recueillir l'impôt collecté pour le compte de l'État et pouvoir payer les salaires des fonctionnaires. Les institutions financières privées sont aussi représentées, on peut citer des agences des grandes banques comme la SGBCI, la BIAO, la BACI, Eco Bank, sans oublier les microfinances telles que la COOPEC et la MUCREFAB

Historique



Les premières expéditions vers la Côte occidentale de l’Afrique, remontent à l’année 1740, mais ce n’est que bien plus tard soit en 1842 qu’un traité fut signé entre Attékéblé dit « Le Roi Peter » et le Lieutenant de vaisseau de Kerhallet formalisent les relations entre Grand-Bassam et la France. Les échanges reposaient alors essentiellement sur le commerce (troc) avec les marins portugais, français, hollandais et Britanniques.

Ce troc était basé sur les marchandises suivantes : or, ivoire, gomme ; épices, huile de palme, peaux de léopards, contre de vieux fusils de la verroterie, de l’eau de vie, du tabac, des tissus, etc.…

En 1883, le premier comptoir de commerce fut à l’arrivée d’Arthur Verdier premier résident de France à Grand-Bassam.Grand-Bassam qui connaît une prospérité économique est érigée comme première capitale politique par l’administration coloniale en 1893. Le premier wharf fut construit en 1897, cela suscita le développement du trafic maritime et l’installation de toutes les grandes maisons de commerce (CFCI, SCOA, CFAO).

Ce commerce maritime permet à Grand-Bassam de connaître un essor important. En 1914, Grand-Bassam devient la première commune de Côte d’Ivoire. En 1923 face au développement prodigieux des activités, l’administration coloniale construit un deuxième wharf.

Le déclin de Grand-Bassam commenca lorsque le wharf d’Abidjan Port-Bouët est en construction en 1931. Avec l’ouverture en eau profonde du port d’Abidjan en 1951 vient accentuer ce déclin.Et cela vit l’économie de traité animée par les grandes maisons de commerce se déplacer progressivement vers Abidjan.

Nos régions