10e édition du Sila/Anges N’Dakpri: ‘’A travers le thème, nous voulons exhorter à la valorisation de notre culture’’


16/05/2018 à 12:32:57  |  Pays : Côte d'Ivoire  

​Nous avons choisi cette année cette thématique « Le livre vecteur des identités culturelles » dans une vision d’exhorter le peuple ivoirien, inviter toutes les populations résidant en Côte d’Ivoire, à valoriser notre patrimoine culturel qui constitue notre identité. Anges Félix N’Dakpri, dans 48h (mercredi 16 mai), le Salon international du livre d’Abidjan (Sila) va ouvrir ses portes. A quel niveau êtes-vous concernant les préparatifs ? Effectivement à J-2, nous sommes en train d’affiner les derniers éléments pour pouvoir ouvrir officiellement le mercredi 16 mai dès 09h, le salon au grand public. Et en début d’après-midi, procédé à l’ouverture officielle en présence des autorités gouvernementales, politiques, administratives de ce pays. Donc nous sommes fin prêts.

Que recherchez-vous à travers le thème «Le livre vecteur des identités culturelles» ? Nous avons choisi cette année cette thématique « Le livre vecteur des identités culturelles » dans une vision d’exhorter le peuple ivoirien, inviter toutes les populations résidant en Côte d’Ivoire, à valoriser notre patrimoine culturel qui constitue notre identité. Comme je le dis notre identité culturelle, c’est un référent, c’est aussi un modèle. Il faut savoir chercher dans nos coutumes. Le livre de par ses multiples fonctions, de par son rôle doit pouvoir constituer un vecteur pour la promotion de ses identités culturelles, parce que le livre est sans frontière. Le livre n’a pas de nationalité, ni de race, ni de couleur. Le livre traverse l’histoire, il traverse les générations. Donc en s’adonnant à la pratique de la lecture bien évidemment, on découvre ce qui se passe chez les autres et puis, on porte ce que nous avons ici aux autres. Nous enrichissons notre culture. Les écrits permettent de pérenniser et sauvegarder les valeurs et le patrimoine culturels qui constituent l’identité d’un peuple. Avez-vous pensé à des ouvrages écrits en langues nationales ?

La langue officielle en côte d’ivoire est le français. Mais, avant le français nous disposons de groupes ethniques. Nous nous battons pour préserver ce patrimoine parce qu’il est important. Je pense que l’Etat de Côte d’Ivoire l’a si bien compris qu’il a un programme pour la promotion des langues nationales, qui pour nous est aussi un levier de développement, de progrès. Ce salon est une plate-forme qui va réunir tous les acteurs de la chaîne du livre depuis les écrivains jusqu’aux lecteurs. Et cette chaîne-là est constituée de tous les corps du métier. C’est l’occasion de venir rencontrer les professionnels de ce secteur. Pendant que d’autres sont spécialisés dans les livres universitaires, dans le professionnel ou dans le scolaire, d’autres sont spécialisés dans les œuvres romanesques tout comme dans les essais politiques et en langues nationales. Donc on aura tout ce cocktail pour satisfaire tout le public qui effectuera le déplacement au niveau du palais de la culture. Pourquoi avoir choisi les États-Unis dont la langue officielle est l’anglais comme le pays d'honneur ? Pour nous, les Etats-Unis constituent un patrimoine, c’est un peu comme l’histoire du monde. Et puis les Etats-Unis et la Côte d’Ivoire, c’est toute une histoire. On connaît aussi la richesse culturelle, artistique américaine. C’est une occasion, à travers ce salon, de venir découvrir ce que les Américains savent faire en matière de promotion de culture et d’éducation. Quel est l'apport de ce pays à ce salon ? C’est tout un programme qui est élaboré par les États-Unis qui couvrent les cinq jours.

Il s’agira d’un grand pavillon que les Etats-Unis installeront. Un laboratoire scientifique dans lequel il y aura des animations, des débats, des échanges, des ateliers et autres. Également, c’est la présence d’un éminent écrivain et illustrateur américain qui se nomme Donald Grant, spécialisé dans la littérature enfantine. Il est arrivé depuis quelques jours. En ce moment même, il anime deux ateliers au sein de l’ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire. Il sera au salon pour rencontrer le public ivoirien, échanger avec les écrivains, lecteurs et les enfants qu’il aime par ces écrits. Le Sila qui est à sa 10e édition contribue-t-il au développement de la Côte d’Ivoire ? Nous pouvons affirmer qu’il y a une petite société de consommateurs qui est en train de se mettre en place en Côte d’Ivoire en matière de lecture.

Le pays regorge d'un nombre important d’éditeurs, de livreurs. Le livre constitue 50 milliards de Fcfa de chiffres d’affaires chaque année. Tout corps de métier confondu, c’est 1500 emplois directs et indirects que le secteur crée. C’est également entre 150 et 200 livres que publie chaque maison d’édition par an. Un intérêt particulier pour la jeunesse estudiantine à participer à ce Sila ? Les jeunes gagnent cette richesse qu'est le savoir, la connaissance et qui n'a pas de prix. Le savoir, la connaissance ne se trouvent pas ailleurs que dans le livre, dans la lecture. Avec la lecture, on voyage à la rencontre d’autres peuples. C’est l’occasion pour les étudiants, la jeunesse de rencontrer leurs auteurs préférés, échanger avec eux sans protocole. Le salon a prévu une remise de 20% sur le prix d’achat de tous les livres neufs.

L’accès au salon est libre. Une aubaine que ces jeunes doivent saisir pour côtoyer leurs idoles écrivains. Nous avons appris la présence du président Henri Konan Bédié qui a accepté de parrainer cette 10e édition. Je confirme que cette 10è édition du salon est placée sous le parrainage du président Henri Konan Bédié que nous avons sollicité. Il nous a marqué son accord. Sur cette base-là, nous nous sommes aussi rapprochés de notre tutelle, le ministre Maurice Kouakou Bandaman pour lui porter l’information et lui à son tour s’est rapproché du Président de la République pour lui donner l’information. Donc de façon officielle, le président Bédié parraine cette édition. C’est une nouvelle importante pour nous. Nous voulons profiter de cette occasion pour lui exprimer toute notre reconnaissance pour avoir accepté de faire la promotion du savoir, notamment le livre. Et c’est à ce prix-là que la Côte d’Ivoire pourra avoir une jeunesse cultivée, une jeunesse éveillée. Nous remercions le président Bédié pour avoir associé son image à ce salon.

A travers cette tribune nous tenons à exprimer notre reconnaissance au Président Alassane Ouattara, au Premier ministre Amadou Gon Coulibaly et au ministre de la Culture et de la Francophonie Maurice Bandaman pour les efforts consentis pour la promotion du livre en Côte d’Ivoire.

Entretien réalisé par Tigane

Jean Bavane et

Bessin Joseph (stagiaire)


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