Arts visuels / Mathilde Moreau : 30 ans de cimaises en toute fulgurance !


10/11/2017 à 14:09:19  |  Pays : Côte d'Ivoire  

​Novembre 1987-novembre 2017, de son expo printanière à ce jour, la plasticienne et actuelle directrice des Beaux-arts d’Abidjan célèbre ses noces de perle d’une carrière lumineuse. Arts visuels / Mathilde Moreau : 30 ans de cimaises en toute fulgurance ! Du 21 au 24 novembre, la peintre et formatrice, directrice de l’Ecole nationale des Beaux-arts d’Abidjan logée à l’Institut national des arts et de l’action culturelle (Insaac), Mathilde Moreau, célèbrera avec emphase, ses 30 printemps d’une carrière flamboyante. L’annonce de cet évènement d’envergure dans le microcosme artistique et culturel ivoirien voire dans l’écosystème de l’art contemporain universel, qui s’est faite, le jeudi 9 novembre au cours d’une conférence de presse à la galerie Houkami d’Abidjan-Cocody, ne pouvait qu’avoir l’onction des autorités ivoiriennes.

Ahmadou Gon Coulibaly, parrain A juste titre, placé sous le parrainage et la présence effective du Premier ministre, chef du gouvernement, Amadou Gon Coulibaly, l’anniversaire s’érige comme l’évènement culturel de cette fin d’année. Avec pour épicentre le hall de l’Insaac et pour activités satellites, un atelier créatif à la Fondation Fatou Sylla sur le site de la presqu’île de Locodjro-Santé, le récital et l’hommage le 22 à l’Insaac, le vernissage de l’exposition rétrospective à Houkami, le 23 et la causerie-débat autour des œuvres le 24 à l’Insaac. Le commissaire général, le critique et historien de l’art, Auguste Mimi Errol revenant sur cet anniversaire baptisé « Fulgurance », allusion faite à la flamboyance permanente de sa carrière, trouvera en l’artiste une évolution trilogique. La première sous le prisme de l’école du Vohou-vohou (et de la halte du Daro), l’influence chinoise et l’esthétique post-Empire du milieu. Avec à la clé des emprunts, des métissages et autres explorations entre collages, matiérisme assumé, calligraphie et constructivisme avec toujours un humanisme réaffirmé. Mais sans jamais cesser d’étonner et surprendre, d’éblouir et d’illuminer les cimaises. En témoignent les très nombreux articles de presse et autres livres d’or d’expos depuis la toute première, à la salle chandelier-lagunes du palace de l’hôtel Ivoire en novembre 1987.

De ses séjours en Chine, au Canada, en Europe tout en valorisant son ancrage traditionnel, l’écriture de Moreau, tout en s’épurant s’est affirmée dans une universalité agissante. Prolixe dans sa création, Mathilde Moreau, devenue au fil des ans, la matrice d’une myriade d’étudiants et artistes en gestation en est aujourd’hui, l’ombre tutélaire et fonde la fierté et renouveau des Beaux-arts d’Abidjan. A juste titre, « ses enfants » entendent lui rendre hommage au diapason de la reconnaissance de la nation, maintes fois renouvelée. Ou encore l’adoubement de la famille des arts, à l’instar de la galerie Houkami qui a baptisé sa salle premium de son nom, ainsi que le rappelle son Dg, Thierry Dia. Pour en revenir sur l’intitulé de l’anniversaire, « Fulgurance », le dictionnaire Le Robert de la langue française en réfère au mot fulguration pour définir le nom féminin fulgurance : «Lueur électrique qui se produit dans les hautes régions de l'atmosphère, sans qu'on entende le tonnerre». C’est dire que Moreau a toujours su rompre les amarres avec la torpeur d’un paysage pictural sans relief, de façon un peu inattendue, sans jamais choquer. En somme, une illumination soudaine qui traverse l'esprit, qui a l'éclat, la brillance de la foudre. Autrement dit, la fulgurance de son œuvre a marqué ses contemporains. Et pour ses noces de perle, les esthètes et autres amateurs d’art, sous la férule du Premier ministre, entendent bien le faire savoir à la face du monde !

REMI COULIBALY (fratmat.info)


 | Imprimer


Nos régions