Les ateliers Pehouets


05/01/2018 à 14:41:05  |  Pays : Côte d'Ivoire  

​A travers cette initiative, poursuit Soro Pehouet Patrick, il s’agit d’aller la rencontre des populations pour leur expliquer que si l’on met l’art au centre de tout ce l’on fait, c’est le bonheur assuré. "Ateliers Pehouet": Faire de l’art un centre d’intérêt pour changer les habitudes C'est le pari que l'artiste plasticien Pehouet Soro Patrick, Grand prix Guy Nairay 2007 veut relever à travers les "Ateliers Pehouet". A Anyama où il est installé, avec une vingtaine de jeunes, membres desdits ateliers, il a procédé, le 3 janvier 2017, à la présentation de cette initiative qui fait des émules. Pratique de la musique, des arts plastiques, des arts martiaux etc. Toutes les formes d'arts s'y côtoient. Le savoir-faire, le savoir-vivre, et le savoir-être constituent le triptyque qui soutient cette démarche qui vise à mettre les arts au service de la communauté. Selon Soro Pehouet, c’est d’ailleurs en s’appropriant ce triptyque qu’un artiste s’accomplit véritablement.

« Sans l’un de ces savoirs, on n’est pas encore dans la philosophie de l’art », estime-t-il. A travers le thème « L’art au service de la communauté », l’artiste plasticien Pehouet Soro semble vouloir attirer l’attention de la population sur l’importance de la prise en compte de nos valeurs culturelles et traditionnelles dans notre vécu quotidien. Pour lui, c’est le socle sur lequel nous devons tout construire, et même notre pensée, notre manière d’aborder la vie, l’environnement, nos relations avec les autres. C’est à ce prix, croit-il, que nous ferons un bond vers l’avant. Affirmant qu’on ne peut pas vivre sans l’art et que rien n’est impossible quand on fait de l’art, il explique ce que son ouverture à l’art lui a apporté.

« Je suis parti de rien pour être là où je suis aujourd’hui. Et cela grâce à l’art », confie l’artiste qui est également Professeur certifié d’arts plastiques. S’appuyant donc sur son exemple, il s’est dit qu’en ouvrant la "porte de lumière" aux plus jeunes, ils pourront se projeter plus loin que lui. A travers cette initiative, poursuit Soro Pehouet Patrick, il s’agit d’aller la rencontre des populations pour leur expliquer que si l’on met l’art au centre de tout ce qu'on fait, c’est le bonheur assuré. Pour le critique d’art, Errol Mimi Auguste, l’artiste a vu juste en initiant une telle rencontre et a tenu à l’encourager. Car, il est temps que les Africains se ressourcent de leur riche patrimoine. Se prononçant sur le thème, il a souligné qu’il s’agit d’un juste retour vers ce qui a toujours caractérisé le vécu des Africains. Qui à l’origine vivent en harmonie avec leur communauté. « Notre art portait les noms des communautés. On parlait de l’art senoufo, de l’art Wê, Bété, Baoulé… », a tenu à relever le critique. Et d’ajouter : « Toute communauté qui se réunit, a toujours un centre d’intérêt qui est sa production ». Il s’agit précisément, à travers cette production, de ce qu’elle fait, comment elle se représente, quels sont ses idéaux au plan moral et physique.

Cette production s’étend également sur le plan vestimentaire. A l’en croire les « Ateliers Pehouet » sont à soutenir car cette initiative peut contribuer à opérer un véritable changement de mentalité chez les plus jeunes. Puisqu’ils participent également de la mise en place d’un pan important de l’écosystème des arts en Côte d’Ivoire. Notons qu’au cours du lancement officiel des « Ateliers Pehouet » l’initiateur a annoncé que des toiles communautaires sous formes de cadavre exquis seront réalisées et feront l’objet d’exposition. CHEICKNA Salif salifou.dabou@fratmat.info


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