Chez l’artiste Ernest Dükü, tout se transforme


12/03/2018 à 15:04:02  |  Pays : Côte d'Ivoire  

 

 

 

Plasticien ivoirien Ernest DÜKÜ a choisi de marquer son retour au pays par une exposition à la galerie Louis Simone Guirandou.

« Je prépare cette exposition depuis très longtemps, car j’ai toujours eu l’idée d’un retour en Côte d’Ivoire, avec une exposition majeure, qui fasse sens. Je travaille sur certaines pièces depuis trois, quatre ans, d’autres sont déjà achevées depuis sept ou huit ans mais n’ont jamais été montrées », explique l’artiste, installé la moitié du temps en France.

Rencontrer Ernest Dükü, c’est rencontrer son monde. Un monde entre réel et imaginaire, avec son propre langage, codé bien souvent, avec ses propres symboles, à la fois antiques et modernes. A 60 ans, le célèbre artiste plasticien ivoirien expose en solo, pour la première fois à Abidjan, du 9 mars au 12 mai, à la galerie LouiSimone Guirandou.

Ce jour-là, sur les murs immaculés de la très chic galerie, seule une quinzaine de la centaine de pièces qui constituera l’exposition est déjà installée. Son nom ? « MasKArade@Ananzè » Explorer. « Ananzè » étant l’araignée héroïne des contes du groupe akan (un important peuple installé entre la Côte d’Ivoire et le Ghana), auquel appartient l’artiste, le «@» la porte d’entrée et la « MasKarade » celle dans laquelle nous vivrions, tous, aujourd’hui, pleine de « tabous », « d’altérités complexes » et de « chaos, qu’il soit religieux, politique ou autre ». Très schématiquement, il s’agit donc pour l’artiste de nous présenter le voyage de cette « araignée » akan dans notre monde actuel. Un monde complexe et plein de références, que nous en ayons conscience ou non, au passé.

« Une histoire de notre continent » Chez Ernest Dükü, le va-et-vient entre les époques est permanent, comme si rien ne s’était jamais perdu au fil des siècles, mais que tout avait été transformé, récupéré. L’occasion de prouver, comme il l’a souvent fait dans le passé, qu’une partie de l’imaginaire contemporain et mondialisé est influencée par les mythes et légendes des différents peuples africains, de l’Egypte à l’Afrique du Sud, en passant par la Côte d’Ivoire et le Ghana. « Qu’ils soient akan, religieux ou rituels, ces signes content, ensemble, une histoire de notre continent sur un support papier, noir intense, chinois froissé ou mâché en sculpture.

Qui pourra après cela continuer à soutenir que nous n’avons pas d’histoire écrite ? »,

interroge, dans le support de présentation de l’exposition, le collectionneur d’art et galeriste parisien Sitor Senghor. Ici, c’est le lien méconnu mais évident entre la mythique Ananzé et Spiderman, le héros des studios américains Marvel, là les similitudes entre la mythologie romaine et le vaudou, ici des amulettes qui deviennent des panneaux de signalisation routière etc.


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